La neurodiversité France

L’inclusion et les profs

Ce week-end sur X (ex-Twitter), des professeurs ont exprimé des idées radicales, validistes, intolérantes et irrespectueuses à l’encontre de l’inclusion des enfants en situation de handicap en milieu scolaire. Hélas, il en est ainsi depuis désormais des mois sur les réseaux sociaux et dans la vie quotidienne.

Nous pointons des groupes parmi une corporation et non la corporation dans son ensemble. Nous le précisons, afin d’éviter une somme considérable de réactions nous intimant de considérer que « tous les professeurs ne sont pas ainsi ». Nous savons à quel point il est difficile pour des professeurs d’être force d’inclusion au sein d’un système qui est excluant, et nous comprenons les difficultés en termes de moyens, de formation, de reconnaissance et de conditions de travail.

Ces précisions faites et ces précautions prises, il est impératif d’alerter sur ce qui nous semble être un glissement vers une radicalisation d’un certain nombre de professeurs dans leurs discours et leurs réactions.

Des professeurs qui considèrent que les enfants neurodivergents n’ont pas leur place à lécole

Nous avons été plusieurs membres de l’association, plusieurs associations et collectifs à répondre à ces professeurs. Des professeurs qui considèrent que les enfants neurodivergents n’ont pas leur place à l’école mais en IME, qu’eux-mêmes ne sont pas enseignants pour éduquer des enfants handicapés, et que nous, personnes concernées, sommes ridicules, hors sol, et illégitimes.
Nous vous résumons là les qualificatifs les plus courtois à notre égard, car nous avons également été ciblés par des insultes et des menaces.

Ces événements, très fréquents sur X, sont amplifiés par un contexte d’intolérance très présent dans notre société et décomplexé dans son expression.
La radicalisation des prises de paroles et des positionnements individuels ou collectifs crée un discours qui ne s’appuie que sur le clash, le buzz et une colère livrée sans aucune réserve.

Nous vivons une urgence, qui réside en la faculté d’une haine tenace à grandir et se développer. Cette haine se développe bien plus rapidement que l’intelligence et la compréhension. Il existe de moins en moins de discours ayant pour objectif de renforcer une grande communauté qui respecte chacun des individus qui la composent, et de plus en plus de discours qui rejettent de plus en plus de personnes afin de préserver une communauté rabougrie sous les oripeaux de valeurs morales dévoyées.

Le placement d’enfants en situation de handicap en IME devient une revendication en manifestation.

Les enseignants de l’école publique vivent une souffrance. Elle est réelle. Il n’y a aucune raison de la nier. Mais elle ne saurait être une excuse ni même une explication au développement d’un discours haineux à l’encontre d’enfants qui ne sont pas responsables de cette crise de l’école ; ils en sont même les premières victimes. Ces enseignants sont d’ailleurs vivement encouragés par des syndicats qui défendent des positions validistes et excluantes tant et si bien que le placement d’enfants en situation de handicap en IME devient une revendication en manifestation.

Imaginons, ne serait-ce qu’un instant, que d’autres enfants puissent être ciblés. Imaginons que ces mêmes syndicats, ces mêmes enseignants manifestent pour qu’il n’y ait pas d’enfant de couleur, pour qu’il n’y ait pas de jeunes filles à l’école. Cela s’est déjà vu, aux Etats Unis dans les années 50, et pour des motifs identiques : « il ne peuvent pas travailler », « ils sont naturellement déficients », « ils vont ralentir les garçons blancs ».

Nous trouvons cela aberrant aujourd’hui. Et nous avons raison. Mais cette aberration n’est pas partagée quand il s’agit de dénoncer les discours contre les enfants en situation de handicap.

Ces discours, qui sont identiques à celui tenu par Éric Zemmour lors de l’élection présidentielle.
Ces discours teintés d’ignorance, prêts à virer les gosses de l’école pour les envoyer en IME, lieux où les apprentissages sont quasiment absents, lieux où les violences envers les enfants sont systémiques, les agressions fréquentes, et qui sont le creuset d’une exclusion sociale définitive.

Un discours qui s’oppose à celui de l’ONU, aux condamnations de l’Europe.

Voici le discours de professeurs qui ont pour mission celle de l’école, celle inscrite dans notre Constitution, consistant à accueillir tous les enfants quels qu’ils soient.
Un discours qui s’oppose à celui de l’ONU, aux condamnations de l’Europe.
Un discours d’extrême droite.
Le désespoir nourrit la bête immonde, il rend aussi bête et immonde.

La Neurodiversité France s’opposera de toutes ses forces à ces discours haineux, et aidera toute personne qui en sera victime.

1 réflexion sur “L’inclusion et les profs”

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